Quand il eut 7 ans, le père de Marco lui offrit un téléscope pour regarder les étoiles en prétendant qu'il y avait déjà la tête.
D'abord Marco fut sceptique, pourquoi lui avoir décroché la lune alors qu'il ne voulait que le robot X92I superatomiseurdecervelle. Il n'y vit pas l'intérêt jusqu'au jour où il découvrit l'étoile de la voisine. Ah ça oui, après Uranus et Saturne c'était un spécimen rare et elle lui faisait plus d'effet.
Quand il commencait à faire noir, elle rentrait dans la salle-de-bain et prenait une douche (à noter premièrement que pourquoi une salle-de-bain si on y prend une douche ?) avec un rideau transparent.
Marco avait découvert le septième ciel plus vite qu'on aurait pu le croire.
Un jour Serge, le père, aperçut un faisceau lumineux se dégageant de la porte de la chambre du p'tiau. Il lui dit gentiment d'aller se recoucher puis en partant, jeta un furtif coup d'oeil dans la lentille.
C'est alors que Marco entendit hurler les mots "tabou" et "précocité" dans la pièce. Il n'y comprit d'abord rien, puis il réfléchit: "tabou", ça ressemblait à "igloo" mais il découvrit bien vite que sur les chocos-glacés ça ne s'écrivait pas de la même façon, non, ça n'était décidément pas ça.
"Ah, c'est comme 'tabouret' sauf qu'il manque un truc derrière!", s'exclama-t-il un jour dans sa soupe, laissant ses parents interloqués. Un tabou devait être un tabouret auquel il manquerait un pied.
Pour "précocité", Marco eut plus de mal.
Il pensa à "pré" comme "prairie", à "co" comme "coq" et à "cité" comme "banlieue". En même temps, un coq dans un pré en pleine cité, ça c'est rarement vu. Il admit qu'il nétait pas sur de son coup.
Puis, là non plus, il ne voyait pas le rapport.
Le lendemain plus de téléscope, juste un robot mégaexpulseurd'cortex, bizarrement, cette fois-ci, Marco aurait préféré les étoiles.